Les applications alimentaires





De nos jours, la technologie évolue sans cesse et est de plus en plus présente au quotidien. En effet, aujourd’hui les téléphones portables ne servent plus simplement à téléphoner ou envoyer des messages à nos proches. On peut désormais faire ses courses en ligne ; lire les journaux ; répondre à nos mails et même regarder la télévision. On trouve de plus en plus d’applications utiles ou non dans notre quotidien, dont les applications alimentaires apparues ces 5 dernières années.

Mais les applications alimentaires peuvent-elles aider dans le suivi et l’application d’un régime et peuvent-elles aider à un rééquilibrage alimentaire ?

Pour cela j’expliquerais ce que sont les applications alimentaires et comment elles fonctionnent. Nous verrons si les applications alimentaires sont fiables ainsi que leurs limites en nous focalisant sur deux d’entre elles et plusieurs exemples. Nous verrons aussi si elles permettent de changer le comportement et les habitudes alimentaires des utilisateurs et/ou le comportement des industriels.



Qu’est-ce que les applications alimentaires et comment fonctionnent-elles ?


On trouve différentes sortes d’applications dites « alimentaires » :

  • Les générateurs de menus : ces applications permettent de trouver des recettes, des menus, ou encore de trouver une recette en fonction de ce que vous avez dans votre réfrigérateur.

  • Les compteurs de calories : ces applications permettent de savoir quelle quantité de calories a été ingérée au cours de la journée. Pour cela lors de chaque repas ou collation, l’utilisateur doit rentrer le produit ainsi que la portion consommée dans l’application. Ces applications dans la majorité calculent la dépense énergétique journalière grâce aux informations rentrées lors de la première utilisation de l’application (taille ; poids ; âge ; activité physique).

  • Les applications de décryptage alimentaire : nous allons nous concentrer sur celles-ci.


Les applications de décryptage alimentaire

Les applications de décryptage alimentaire permettent à l’utilisateur de scanner ou de rechercher un produit pour connaître ses informations telles que : ses valeurs nutritionnelles, sa qualité nutritionnelle, la présence ou non d’additif(s) ou encore les labels.

Ses informations seront différentes en fonction de l’application utilisée.

Les différentes applications de décryptage alimentaire que vous pouvez trouver sont :

  • Open Food Facts.

  • Yuka.

  • Kwalito.

  • Scan eat.

  • Scan up.

  • Y’a quoi dedans.

Toutes les applications de décryptage alimentaire se basent sur Open Food Facts qui elle-même en est une.

Dans un sondage que j’ai réalisé et que vous trouverez en images ci-dessous, pour 54 réponses, 81,5% des sondés connaissent les applications alimentaires et 48,1% d’entre eux en utilisent au moins une. L’application utilisée et connue qui revient le plus souvent (pour un taux de 64,8%) est Yuka et en seconde place on trouve Open Food Facts.

De plus, une enquête IFOP sur ces applications montre que « 64% des Français sont attirés par les applications alimentaires » et que « 39% des Français en ont déjà utilisé » ; avec Yuka comme application la plus connue et la plus utilisée. Infographie à retrouver en image ci-dessous.

C’est pour cela que j’ai décidé de me concentrer dans cette étude sur l’application Yuka ainsi que Open Food Facts (utilisée comme base de données).


Comment fonctionnent-elles ?

Yuka

Yuka est une application créée par 3 entrepreneurs spécialisés dans le digital. L’application est gratuite, elle repose en partie sur des dons. Une version premium (payante) est disponible.

Le principe de Yuka et de toutes les applications de décryptage alimentaire est de scanner le produit voulu.

Une fois scanné, en fonction de l’application on obtiendra différentes données.

Pour Yuka, les données affichées seront (voir image ci-dessous) :

  • Une note globale sur 100, représentée par une couleur (vert, vert pâle, orange, rouge), puis par une notation (excellent, bon, médiocre, mauvais) sous forme de fiche descriptive.

  • Si un produit est de mauvaise qualité nutritionnelle (selon Yuka), l’application proposera un produit alternatif très proche de celui scanné.

  • Une analyse des achats des 30 derniers jours.

  • La notation (/100) repose sur 3 critères :

  • 60 points sont attribués pour la qualité et les valeurs nutritionnelles du produit : valeur nutritionnelle avec la valeur énergétique, la quantité de graisses saturées, de sucres, de sel, de fibres, de protéines et de fruits et légumes ; que l’on retrouve sur la fiche descriptive après avoir scanné le produit.

  • 30 points sont attribués pour la présence ou non d’additifs alimentaires nocifs pour la santé, qui sont également présents dans la fiche descriptive.

  • 10 points pour le caractère/la dimension biologique du produit.

Yuka utilise Open Food Facts (dont je vais vous parler juste après) comme base de données.



Open Food Facts

Open Food Facts est une application à but non lucratif, c’est un projet citoyen ; en effet c’est une base de donnée libre, c’est-à-dire qu’une fois l’application installée sur le téléphone, n’importe quel utilisateur peut rentrer de nouvelles données, de nouveaux produits ou modifier la fiche d’un produit.

Cette application fonctionne comme Yuka, il suffit de scanner le produit et l’on obtient une fiche descriptive du produit avec sa composition, ses valeurs nutritionnelles ainsi que les additifs alimentaires (image ci-dessous).

Mais Open Food Facts, contrairement à Yuka, affiche les allergènes du produit.

La note ici correspond à la qualité nutritionnelle du produit et est sous forme de lettre, de A à E, correspondant au Nutri-score selon les apports nutritionnels. De plus, cette application comprend aussi le classement ou notation NOVA, ce classement nous informe sur le taux de transformation d’un produit en utilisant une notation de 1 (brut ou peu transformé) à 4 (ultra-transformé).




Les plus et les limites de ces 2 applications

En quoi ces applications peuvent-elles aider le consommateur ?

Tout d’abord, grâce à la note et tout simplement en décryptant les produits, ces applications peuvent aider le consommateur qui n’a pas ou peu de connaissances en nutrition à choisir des produits meilleurs pour sa santé. Pour les personnes ayant des bases en nutrition il suffit seulement de scanner le produit et de lire la fiche, ils n’ont plus à regarder et à analyser l’étiquette du produit car ils trouveront tout cela sur l’application, ils gagneront donc du temps.

Le but de ces applications et aussi de changer le comportement et les habitudes alimentaires ainsi que le comportement d’achat des consommateurs et des personnes utilisant l’application, en effet selon l’enquête de l’IFOP mentionnée avant 73% des sondés pensent que ces applications vont permettre un changement dans le comportement d’achat des consommateurs.

Toujours selon l’enquête de l’IFOP « 75% pensent que ces applications vont obliger les industriels à faire évoluer la composition de leurs produits », en effet un des buts de ces applications et de faire en sorte que les distributeurs s’adaptent et proposent des produits de plus en plus sains et de meilleure qualité.

Les avantages de chacune de ces 2 applications :

Si l’on prend l’exemple de Yuka, pour certains produits comme dit précédemment, l’application proposera une alternative plus saine.

Sur Yuka on peut aussi mettre nos produits préférés en favoris et se créer une liste de course, ainsi que filtrer les produits par enseigne.

En plus d’être une application alimentaire, Yuka possède aussi un site sur lequel on peut retrouver des informations sur l’application ; un blog sur lequel on peut retrouver des recettes, des informations sur la nutrition et on y trouve un programme de nutrition sur 10 semaines (payant), ce programme a été conçu par un nutritionniste, il permet de recevoir 1 règle d’or nutritionnelle par semaine ; il permet aussi d’avoir des recettes adaptées au programme, et d’avoir des conseils personnalisés d’un nutritionniste.

De plus, une version premium (payante) devrait sortir durant l’année, cette version proposera des alertes personnalisées sur les allergènes (lactose ; gluten) ; ainsi que l’huile de palme ; la viande ou encore les nitrites. Ils vont aussi essayer d’intégrer la notation NOVA.

Si l’on prend maintenant l’application Open Food Facts, on peut trouver une base de données très grande avec des milliers de produits (plus 300 000). Et comme dit précédemment, elle utilise le Nutri-score, ainsi que la notation NOVA. Contrairement à Yuka, elle est plus factuelle mais plus précise.

Mais ces applications présentent des limites et des petites erreurs.



Les limites des ces 2 applications

Les applications de décryptage alimentaire possèdent toutefois des limites. Elles offrent une vision réductionniste de l’alimentation. L’alimentation ou un produit n’est pas juste une addition de calories, glucides, lipides, etc… car l’impact des nutriments sur l’organisme dépend de nombreux facteurs tels que le degré de transformation, par exemple des amandes entières obtiennent la même note que des amandes broyées alors qu’elles ne seront pas métabolisées de la même manière, tout comme une pomme que l’on achète entière ou en compote. Pour que ces applications soient plus viables, les concepteurs devraient rajouter dans l’algorithme la prise en compte de la qualité des nutriments et de leurs interactions dans le corps.

Ces applications alimentaires donnent une note plus ou moins bonne mais n’éduquent pas à l’équilibre alimentaire, or un produit ayant une note « mauvaise » ou « médiocre » parce que trop sucré ou trop gras peut être consommé mais de manière exceptionnelle ou occasionnelle et en quantités raisonnables. À l’inverse, un produit ayant une « bonne » ou « excellente » note peut devenir mauvais pour la santé s’il est cuisiné avec trop de matières grasses ou en trop grandes quantités.

D’autres part pour l’ensemble de ces applications, la notation se fait sur les valeurs nutritionnelles pour 100g de produit hors elles devraient noter les produits dans le cadre d’une ration journalière, par exemple si l’on scanne du beurre ou du parmesan râpé comme dans l’image ci-dessous, on obtiendra une mauvaise note hors ces produits sont utilisés quotidiennement en petit portion et ne méritent donc pas la note qu’on leur a attribués.

Dans le sondage que j’ai réalisé, 28% des personnes ayant répondu oui à la question « Avez-vous des intolérances, des allergies ou régime particulier (sans gluten ; diabète; régime pauvre en sel...) ? » ne trouvent pas ces applications utiles dans le choix de leurs produits pour leur régime.


Open Food Facts

Open Food Facts est donc une application mais aussi une base de données libre, le fait que ce soit les consommateurs qui doivent entrer les produits ainsi que les modifier fait qu’il n’y a pas de mise à jour en temps réel (nouveau produit sur le marché ou le changement d’une recette d’un produit).

Comme la note se base principalement sur le Nutri-score, l’application ne prend pas assez les additifs alimentaires en compte, elle ne prend en compte que les doses minimales préconisées pour un produit ; l’application ne propose pas une liste exhaustive des ingrédients et contrairement à Yuka, il n’y a pas la possibilité d’avoir une liste de nos produits favoris.

Yuka

Yuka donne donc une note basée sur 3 critères, l’un d’eux étant la présence ou non d’additifs nocifs pour la santé. Or, l’application ne repose pas complètement sur des bases scientifiques. Les concepteurs de l’application utilisent les informations de livres controversés afin de noter les additifs pour leurs produits. Même si moins il y a d’additifs dans un produit mieux c’est, certains additifs sont utiles tels que les conservateurs qui n’engendrent pas d’effets négatifs sur la santé ; on trouve aussi des additifs mauvais pour la santé qui devraient être interdits ; mais l’on trouve également des additifs dont on ne sait pas s’ils sont dangereux, ni à quelle dose et dans quelles conditions. La notation des additifs est donc compliquée, car il n’y a pas eu encore d’étude sur l’effet cocktail des additifs.

La notation de Yuka présente donc plusieurs limites, par exemple : un produit comme le « Yop à la fraise » que l’on retrouve ci-dessous va être mal noté (30/100 – Médiocre) car il possède trop de sucres mais il ne faut pas oublier que le produit est composé de lait écrémé donc les sucres présents sont en partie du lactose, or dans les besoins d’un adulte bien portant on limite les sucres simples à 100g mais sans le lactose. De plus malgré que ce produit soit « fort sucré » et calorique il présente des intérêts nutritionnels comme une forte teneur en protéines, en calcium ainsi qu’en vitamine D ce qui n’est pas négligeable ; toutefois il ne faut pas en abuser et se contenter d’une « portion » normale c’est-à-dire un verre d’environ 150 ml.



Conclusion

Ces applications présentent des avantages pour le consommateur mais présentent aussi des limites pour lesquelles le consommateur n’est pas forcément au courant.

D’un point de vue diététique ces applications comportent pas mal d’erreurs et il serait intéressant que les concepteurs et développeurs de celles-ci les améliorent pour en faire un bon outil afin que les diététicien(ne)s les suggèrent à leurs patients pour un bon suivi de leur régime. Effectivement, aujourd’hui ces applications pourraient être conseillées par un(e) diététicien(ne) car elles permettent à certaines personnes d’améliorer leurs habitudes et leurs comportements alimentaires, et certaines de ces applications peuvent aider les patients dans le suivi de leur régime, par exemple un diabétique pourra se servir de l’une de ces applications pour contrôler le taux de sucre d’un produit.

Toutefois, la meilleure solution serait d’éduquer les consommateurs : premièrement à la lecture des étiquettes des produits alimentaires, en second au métabolisme et aux interactions des nutriments une fois dans l’organisme pour pouvoir se passer de ces applications.

Néanmoins l’utilisation de ces applications permet un gain de temps par rapport à la lecture de l’étiquette (analyse des ingrédients et de la déclaration nutritionnelle).




Sources :

- « Yuka, kwalito, foodvisor… : on a testé les apps qui vous aident à mieux manger », Numerama.com, par Nelly Lesage, Octobre 2018.

- « Les applications qui décryptent l’alimentation », Nutractiv.fr.

- « Une application mobile vérifie l’impact de nos aliments sur votre santé », Sciencesavenir.fr, par Iris Joussen, Janvier 2017.

- « Panorama des applications de décryptage alimentaire », Culture-nutrition.com, par Céline Henon, Décembre 2018.

- « Pourquoi les sites et applications qui notent les aliments ne sont pas fiables », Lanutrition.fr, par Marie-Charlotte Rivet Bonjean, Février 2018.

- « Yuka ne repose pas complètement sur des bases scientifiques », Capital.fr, par Sophie Levy Ayoun, Janvier 2019.

- « Fan de Yuka ? Son système de notation vous carotte ! », ladn.eu, par David-Julien Rahmil, Octobre 2018.

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